En Guinée, l’élevage connaît une évolution progressive mais significative. À Kankan, cette dynamique est particulièrement visible. Longtemps cantonné aux pratiques traditionnelles, le secteur attire désormais une nouvelle génération d’éleveurs qui misent sur l’organisation, l’innovation et la recherche de rentabilité. Bovins, volailles, petits ruminants ou pisciculture : l’élevage s’affirme peu à peu comme une activité économique stratégique.
Cette évolution répond à une demande locale croissante en produits animaux et offre de réelles opportunités d’emplois, notamment pour les jeunes. À Kankan, des fermes se structurent, des initiatives privées émergent et l’élevage commence à s’inscrire dans une logique de chaîne de valeur.
Cependant, malgré cette avancée, les difficultés restent nombreuses. L’accès aux produits vétérinaires de qualité demeure un véritable parcours du combattant pour les éleveurs. Les médicaments sont souvent rares, coûteux ou mal contrôlés, exposant le cheptel à des risques sanitaires évitables. À cela s’ajoute le coût élevé des aliments pour bétail, qui pèse lourdement sur la rentabilité des exploitations.
Le financement constitue un autre obstacle majeur. Les mécanismes de crédit existants sont peu adaptés aux réalités de l’élevage, caractérisé par des cycles longs et des risques spécifiques. Faute de garanties et de produits financiers dédiés, de nombreux éleveurs restent exclus des circuits bancaires.
Face à cette situation, des actions concrètes s’imposent. Il devient urgent de renforcer l’approvisionnement et le contrôle des produits vétérinaires, d’encourager la production locale d’aliments pour bétail et de mettre en place des financements adaptés au secteur. La formation et la professionnalisation des éleveurs doivent également être au cœur des priorités.
L’élevage en Guinée, et particulièrement à Kankan, ne manque ni de volonté ni de potentiel. Ce qui fait défaut, ce sont des appuis structurés et durables. Investir dans l’élevage aujourd’hui, c’est préparer une Guinée plus autonome, plus résiliente et plus souveraine sur le plan alimentaire.
Facely enquêteur Sanoh,
Journaliste spécialisé en Médias agricole
& Fondateur du site Agri224.com