Dans la salle de formation, l’ambiance est studieuse. Des visages concentrés, des carnets ouverts, des échanges nourris. Au pupitre, le président de l’Association des Éleveurs de Kankan donne le ton :
« Aujourd’hui, l’élevage n’est plus une activité de subsistance. C’est un véritable business agricole. » Indique Moustapha Diané.
D’entrée de jeu, il plante le décor. Pour lui, cette formation organisée en partenariat avec l’entreprise EKMS s’inscrit dans une logique de professionnalisation du secteur avicole. Objectif affiché : outiller les jeunes, moderniser les pratiques et créer une chaîne de valeur compétitive autour du poulet local amélioré.
Selon le président, Kankan dispose d’un potentiel énorme : disponibilité de la main-d’œuvre, marché dynamique, demande croissante en protéines animales.
« Il était temps de passer de l’élevage traditionnel à un élevage rationnel et rentable », insiste-t-il.
Kalilou Coulibaly, l’architecte technique de la formation
Pour conduire cette mission, l’Association a fait appel à Kalilou Coulibaly, agripreneur malien et expert avicole de l’entreprise EKMS. Un praticien du terrain, rompu aux réalités rurales de l’Afrique de l’Ouest.
Pendant deux jours, il a décortiqué les fondamentaux de l’aviculture moderne :
sélection génétique des poussins
formulation d’aliments équilibrés
conduite d’élevage
biosécurité
prophylaxie sanitaire
gestion technico-économique des fermes
Dans un langage simple, mais technique, il explique :
« Un bon élevage commence par un bon poussin, un bon aliment et une bonne hygiène. Sans ça, pas de performance zootechnique. »
Entre démonstrations pratiques et échanges interactifs, le formateur met l’accent sur la rentabilité de l’élevage : calcul des coûts de production, seuil de rentabilité, stratégies de commercialisation.
Un véritable cours de management agricole à ciel ouvert.
Les autorités saluent une initiative structurante
Présentes à la cérémonie, les autorités administratives et techniques n’ont pas caché leur satisfaction.
Le Directeur préfectoral de l’Agriculture et de l’Élevage a souligné que cette formation s’inscrit dans la dynamique nationale de promotion de l’auto-emploi et de lutte contre le chômage des jeunes. Marchel Sagno.
« L’aviculture est une filière porteuse. Elle peut créer des emplois rapides et durables », a-t-il déclaré, invitant les bénéficiaires à passer rapidement de la formation à l’action.
Pour lui, ce genre d’initiative contribue à renforcer la sécurité alimentaire et à réduire les importations de poulets congelés.
Parole aux bénéficiaires : de la théorie au terrain
Dans les rangs, les participants affichent une motivation débordante.
Certains rêvent déjà de monter leur propre ferme, d’autres de développer une activité familiale.
« Avant, je faisais l’élevage au hasard. Aujourd’hui, je connais les doses, les vaccins, les périodes critiques », confie un participant.
De son côté Jonas Tolno, ajoute:
« Cette formation m’a donné confiance. Je peux désormais gérer un poulailler comme une entreprise. »
Pour eux, cette session marque un tournant : de simples éleveurs deviennent des entrepreneurs agricoles.
Au-delà de la formation, l’Association des Éleveurs de Kankan nourrit une ambition claire :
1.Créer un réseau d’éleveurs professionnels
2. Structurer la filière
3. Améliorer la productivité
4. Renforcer l’accès au marché
« Notre rêve est de faire de Kankan un pôle avicole », confie le président.
Avec le soutien technique de EKMS, cette vision semble désormais à portée de main.
Facely enquêteur Sanoh, journaliste spécialiste en médias agricole