La 4ᵉ édition du Colloque National des Femmes Entrepreneures en Milieu Rural a officiellement ouvert ses portes à Kankan, sous le thème évocateur : « La Femme rurale face au changement climatique ».Durant trois jours, la capitale de la Haute-Guinée devient le carrefour des initiatives féminines rurales, réunissant productrices, transformatrices, éleveuses et artisanes autour des enjeux d’autonomisation économique et d’adaptation climatique.
Autorités communales, préfectorales et régionales ont marqué leur présence à cette rencontre dédiée aux véritables piliers de la sécurité alimentaire nationale. Le coup d’envoi a été donné par le représentant du gouverneur de région, qui a salué la pertinence de l’initiative.

C’est la salle de conférence de la bibliothèque William Sassine qui a servi de cadre à cette grande messe du monde rural, transformée pour l’occasion en espace d’échanges, de partage d’expériences et de valorisation des savoir-faire locaux. Des femmes issues des filières agricoles, de l’élevage, de la transformation agroalimentaire, de la poterie et d’autres chaînes de valeur rurales y prennent part activement.
Dans son allocution, Hassatou Lamarana Sow, fondatrice du site Actualitésfeminines.com et coordinatrice du colloque, a rappelé la mission première de cette plateforme de plaidoyer.
« C’est un immense honneur de vous accueillir à Kankan pour cette 4ᵉ édition. Ce rendez-vous est devenu, au fil des ans, un carrefour essentiel pour celles qui sont les véritables moteurs de notre économie. Après Kindia, Labé et Mamou, nous abordons ici une urgence absolue : la femme rurale face au changement climatique. »

Panels, formations pratiques, réseautage, exposition-vente de produits locaux et remise du Prix régional de la femme rurale rythment le programme, afin de valoriser les meilleures initiatives du terroir.La fondatrice a également dressé un constat sans appel sur la vulnérabilité des femmes face aux dérèglements climatiques :
« En Guinée, les femmes représentent 52 % de la population et plus de 66 % d’entre elles vivent en zone rurale. Elles cultivent, élèvent et transforment. Pourtant, elles sont les premières victimes du changement climatique. La science est formelle : avec un seul degré supplémentaire, les revenus des ménages dirigés par des femmes chutent d’un tiers. Entre inondations et retards de pluie, c’est leur survie et notre sécurité alimentaire qui sont menacées. »

À Kankan, les femmes rurales ne se contentent pas de cultiver la terre : elles sèment les graines d’un avenir plus résilient. Entre innovation, solidarité et adaptation climatique, ce colloque apparaît comme un véritable champ d’opportunités pour celles qui nourrissent chaque jour nos communautés.
Facely enquêteur Sanoh, journaliste spécialisé en Médias agricole