La Haute-Guinée vient d’entrer dans une nouvelle ère agricole. À Kankan, l’espoir a changé de visage : le coton revient au premier plan, tiré par une dynamique institutionnelle sans précédent.
Ce jeudi 18 décembre 2025, la Société Cotonnière de Kankan a lancé les opérations d’enlèvement et de paiement des anciens stocks de coton graine, avant de remettre 50 motoculteurs flambant neufs à la Société cotonnière pour la relance de la production. De quoi marquer le réveil d’une filière agricole qui fut, jadis, l’un des piliers économiques de la savane guinéenne.
Dans l’enceinte de l’entreprise, l’ambiance était euphorique : producteurs, femmes et jeunes ruraux, responsables administratifs et populations de Nabaya ont assisté à cet événement qui signe le retour officiel de la culture cotonnière dans la région.
Cette relance s’inscrit dans la vision agricole du chef de l’État, le Président Mamady Doumbouya, qui entend repositionner le coton comme moteur de croissance dans les zones savanicoles du pays.

Venue pour la circonstance à Kankan, la Ministre de l’Agriculture, Madame Mariama Ciré Sylla, n’a pas caché sa satisfaction :
« La filière coton est une priorité nationale. Le président de la République a donné des instructions claires, et aujourd’hui, 30% du capital social de la société cotonnière a été libéré. La prochaine campagne s’annonce prometteuse. »
La ministre a également insisté sur la nature historique de ce moment pour la Guinée agricole :
« Nous lançons solennellement les opérations d’enlèvement et de paiement des anciens stocks. Le gouvernement met en place les meilleures conditions pour que la relance soit totale et durable. »
Pour Moussa Doumbouya, Directeur Général de la Société Cotonnière de Kankan, le coton ne représente pas seulement un produit commercial, mais une stratégie agricole complète :

« Le coton entraîne toutes les cultures vivrières autour de lui. C’est la culture locomotive qui impacte les producteurs et l’économie rurale. Notre mission est simple : relancer durablement la société et permettre aux producteurs de vivre de leur travail. »
Son équipe mise sur des semences de qualité et des intrants distribués en crédit agricole, une méthode jugée efficace pour soutenir la rotation culturale avec le maïs, le riz ou l’arachide, très prisée dans la zone savanicole.
Au nom des bénéficiaires, Ismaël Sidibé a salué « la renaissance tant attendue de la filière », avant de promettre une production plus dynamique.
Même enthousiasme chez le doyen El Hadj Mamady Kaba, Président et porte-voix de la fédération cotonnière :

« Le projet coton faisait vivre des familles entières dans la savane guinéenne. Voir la société se relever est un soulagement immense. Cette relance va changer beaucoup de choses. »
Avec cet appui du gouvernement, la société cotonnière ambitionne désormais de ramener la production à des niveaux plus élevés. L’objectif est clair : redonner au coton sa place de culture stratégique dans la région, créer de la valeur, stabiliser les rendements et augmenter les revenus ruraux.
Dans une Haute-Guinée naturellement propice à cette culture — sols adaptés, héritage agronomique, savoir-faire rural — cette renaissance ouvre des perspectives agricoles et industrielles inédites.
La machine cotonnière est relancée. La savane guinéenne retient son souffle : le coton revient, et cette fois, pour durer.



Facely enquêteur Sanoh, journaliste agricole pour Agri224.com