Le soleil se lève à peine sur Banakoni, dans la sous-préfecture de Karifamoriah, préfecture de Kankan. Entre les champs et la poussière rouge de la savane, un site attire l’attention : deux hectares entièrement consacrés à l’aviculture moderne. Ici, pas de hasard. Tout est méthodiquement organisé. Derrière ce projet, un jeune visionnaire : Djigui Camara, PDG de Bouré Agro-pastorale.
Ancien étudiant en sciences économiques à l’Université de Kankan, Djigui a refusé le destin classique du diplômé en quête d’un emploi administratif. Il a préféré la terre, la production, le concret. Un choix courageux qui porte aujourd’hui ses fruits… ou plutôt ses œufs.
Une ferme qui bourdonne de vie
Dans les bâtiments d’élevage, plus de mille têtes caquettent à l’unisson. La ferme est entièrement fonctionnelle : alimentation contrôlée, abreuvement automatisé, calendrier vaccinal respecté, biosécurité renforcée.
À quelques mètres, une nouvelle unité sort de terre, avec une capacité de 1 500 volailles supplémentaires. La machine est lancée, et rien ne semble pouvoir l’arrêter.
Des débuts sous haute pression
Mais le chemin n’a pas été un long fleuve tranquille. Le jeune agripreneur a dû affronter la flambée des prix des aliments, les pertes liées aux maladies, le manque de financement et l’inexpérience du terrain.
« Il y a eu des nuits blanches, des moments de doute, mais j’ai tenu bon », confie-t-il.
Grâce à la formation continue, au réseautage agricole et à l’appui de techniciens, Djigui a su stabiliser son exploitation. Aujourd’hui, la ferme est rentable, crée des emplois et alimente les marchés locaux en protéines animales de qualité.
Un cri du cœur à la jeunesse
Djigui Camara est catégorique : L’avenir des jeunes diplômés est dans l’agriculture.
« Nous avons la terre, la main-d’œuvre et le marché. Il ne manque que la volonté. L’élevage, c’est la liberté financière », martèle-t-il.
Pour lui, l’agriculture n’est plus une activité de survie, mais un business stratégique capable de sortir la jeunesse du chômage.
Cap sur la transformation agro-pastorale
Visionnaire, Djigui ne compte pas s’arrêter à l’aviculture. Dans son pipeline : élevage bovin, production d’aliments pour bétail, transformation et commercialisation. Objectif : créer une chaîne de valeur locale et réduire la dépendance aux importations.
À Banakoni, Djigui Camara prouve que la jeunesse guinéenne peut produire, innover et réussir sur ses propres terres. Son parcours est un signal fort : l’agriculture n’est plus le dernier recours, mais le premier choix des ambitieux.
Entre ses mains, chaque poussin devient une promesse, chaque œuf une victoire, chaque poulailler un symbole d’espoir.